🏹 Les vacances de Simon
Partie 4 : Nouveau pantalon
⚠️ Ceci est une œuvre de fiction
⚠️ Reproductions et distributions interdites
Je remets une nouvelle fois mon sweat par-dessus mon pantalon afin de cacher mon jean et nous nous rendons dans ce magasin de vĂŞtements Kiabi.
J’ai horreur de faire des boutiques et je suis obligé d’y aller, je n’ai pas le choix. Rester avec ce jean ouvert et inconfortable, n’est vraiment pas possible. Papa n’est pas très à l’aise non plus dans ce genre de magasin. C’est toujours maman qui nous y emmenait, ou elle y allait seule pour nous ramener des habits à essayer.
Une fois rentrés dans le magasin, nous cherchons du regard la section garçon et nous la trouvons vite, elle est écrite en gros sur le mur de droite. Marcher avec cette couche et ce jean trop serré me donne l’impression de marcher comme un cowboy, ou même comme un canard, vivement que je puisse l’enlever après le rendez-vous pour mon inscription au centre aéré..
Une fois arrivés dans le rayon des habits pour garçons, nous cherchons les joggings. Moi qui d’habitude laissait faire maman, je me mets à chercher de manière active. Plus vite nous trouvons, plus vite nous sortirons.
- Ici, dit alors papa en commençant à chercher.
Je le rejoins alors, et commence moi aussi Ă chercher un jogging qui pourrait me plaire.
- Celui-lĂ ? dis-je en lui montrant.
- C’est quelle taille ?
- 8 ans, dis-je après avoir regardé l’étiquette.
- Trop petit. Vu ton gabarit, il faudrait du 10 ans je pense, mais pour que la couche passe bien en dessous, on partira peut-être sur du 12 ans. Ta couche sera mieux camouflée si le jogging est un peu large.
Papa dit ça assez fort, et une dame juste à côté se retourne et nous regarde.
- Papa, parle moins fort !
- Pardon Simon, je n’avais pas vu que nous n’étions pas seuls.
Lui comme moi sélectionnons trois ou quatre joggings dans les tailles désirées et nous prenons ensuite la direction des cabines d’essayage.
- Je rentre dans la cabine avec toi ? me demande papa
- Je vais y arriver seul tu sais.
- Sors me voir à chaque fois que tu en essayes un alors, que je puisse voir ce que ça donne.
Je rentre donc dans la cabine avec mes différents joggings que j’accroche au porte manteau mural. Je détache ensuite mes chaussures et les enlève. Décidément, quand on porte une couche, ça en fait des moments où l’on doit se déshabiller. Vient ensuite mon jean que j’enlève et que je pose sur le tabouret.
De nouveau, dans le miroir de la cabine d’essayage, je vois ce petit garçon, avec sa couche qui dépasse de son boxer. Il me fait pitié et je préfère ne plus le regarder. Je prends donc le premier jogging et je l’enfile. C’est bien plus facile que d’enfiler un jean, et c’est sans aucun problème que je le remonte par-dessus ma couche et mon boxer.
Moi qui aime être plutôt bien habillé, j’ai l’air d’un sac de pommes de terre avec. Le jogging est noir et plutôt ample, mais il faut bien le reconnaître, tellement plus confortable qu’un jean. Je sors de la cabine d’essayage et je vois, contrairement à quand j’y suis rentré, beaucoup de monde autour de papa.
- Alors, comment ça te va ? me demande-t-il.
- Ça passe en tout cas, mais je ne ressemble pas à grand chose avec.
- C’est vrai que les fois où je t’ai vu avec un jogging sont rares, rigole-t-il en me regardant.
Papa soulève alors mon sweat pour m’observer.
- On ne voit pas grand chose, il dissimule bien ce que tu as en dessous.
Je me regarde alors en baissant la tête et je constate immédiatement que ma couche dépasse du jogging. Je m’empresse alors de faire lâcher mon sweat à papa pour que ma couche soit de nouveau masquée par celui-ci.
Papa me fait alors me tourner et regarde l’étiquette du jogging dans mon dos.
- C’est le 12 ans celui-ci. Je crois qu’il y avait le même jogging en taille 10 ans, va l’essayer et reviens.
Je rentre, change de jogging et ressors rapidement.
- Il te va bien mieux, me dit papa. Il fait moins “sac de pomme de terres” comme tu dis. Qu’en penses-tu ?
- Je préfère aussi, dis-je, il est un peu plus ajusté. On ne voit rien à travers par contre, tu es sûr ?
- Franchement, à peine plus, mais si on ne sait rien, ça ne se voit pas. Prenons déjà celui-là . Essaye les autres, les tailles 10 ans. Il faut en acheter au moins un autre.
J’essaye donc les autres joggings, les uns à la suite des autres, et, sous l’oeil de papa, nous en éliminons plusieurs : trop petits, trop moulants, trop clairs.
- Tu vas le garder sur toi celui-lĂ , me dit-il lorsque je sors avec le dernier jogging. Il te va super bien. Donne-moi les autres joggings ainsi que ton jean.
Je fais ce que papa me demande et, après qu’il ai déposé les articles que nous ne prenons pas dans le bac prévu à cet effet, nous prenons la direction des caisses. Papa a dans les mains l’autre jogging et mon jean.
- Mais Simon, où sont les couches ? Où est le paquet que l’on a acheté.
Effectivement, on ne l’a pas et après une rapide réflexion je pense que nous l’avons oublié au Burger King.
- On a dû l’oublier sur la banquette, dis-je.
- J’espère qu’il y est encore. Bon, on passe en caisse, une fois que la caissière a scanné l’étiquette de ton jogging, tu fonces jusqu’à Burger King, et tu le récupères. On se retrouve devant Kiabi.
- Tu ne préfères pas plutôt aller le chercher ?
- Allez Simon, un peu de courage. Et puis on a peu de temps pour rejoindre la voiture, faire le trajet et se garer. On va pas pas risquer d’être en retard et rater ton inscription au centre aéré.
Nous passons rapidement à la caisse et papa pose un jogging devant la caissière.
- Bonjour madame, dit alors papa. J’achète aussi le jogging que mon fils porte sur lui et c’est son jean que j’ai dans les mains.
- Bonjour messieurs, nous dit-elle. Tourne toi jeune homme, me dit-elle gentiment, j’ai besoin de voir l’étiquette pour scanner le code barre.
Je fais ce qu’elle me demande et me recule pour être au plus près d’elle. Je sens qu’elle tire un peu le jogging vers l’arrière car elle est un peu loin. J’imagine qu’elle doit voir ma couche, il ne peut pas en être autrement.
J’entends alors un bip qui me signale que l’article a correctement été scanné.
- Voilà mon garçon, c’est bon pour moi.
Elle m’a d’abord parlé comme si j’étais un jeune homme en me disant “bonjour messieurs” et maintenant elle me traite de “garçon”. C’est sûr, elle a vu ma couche et, alors qu’elle me regarde en me souriant, je rougis de honte.
Tout en scannant le deuxième jogging, elle se penche vers moi et me dit doucement :
- Je ne dirai rien à personne, rassure-toi. Je peux aussi te dire qu’il y a beaucoup d’enfants qui portent des couches dans ce magasin, et certains bien plus grands que toi.
Elle n’était pas obligée de me dire ça et cela me fait particulièrement plaisir d’entendre ça.
- Merci, dis-je.
- Mais de rien, me répond-elle en me souriant. Cela vous fera 19.98 € s’il vous plaît, dit-elle cette fois-ci à papa.
Aussitôt que le paiement est passé, je me dépêche de retourner vers le Burger King. Je constate que marcher avec ce jogging est beaucoup plus agréable que mon jean. C’est vrai que je n’en mets quasiment jamais alors que c’est si doux. Ma couche se fait d’autant plus sentir entre mes jambes maintenant que le jean n’entrave plus mes mouvements. La sensation est étrange et pas désagréable.
J’arrive maintenant à l’intérieur de Burger King et je me rends là où nous étions assis. Une maman et ses deux jeunes enfants y sont assis. Elle doit voir que je cherche quelque chose sur la banquette et m’interpelle :
- Tu cherches le paquet de couches qui était sur la banquette ?
- Heu… oui…
Les deux enfants, un garçon et une fille d’environ 4 et 5 ans, me regardent.
- Je l’ai ramené au niveau des caisses. D’ailleurs, regarde, on le voit d’ici, sur le comptoir, tout à gauche.
Et effectivement, en regardant en direction des caisses, je peux l’apercevoir. Il va falloir m’armer de courage pour aller le chercher et je n’ai pas beaucoup de temps.
Il y a beaucoup de monde qui attend devant les caisses et peu de serveurs. Si j’attends, je prends le risque de passer inaperçu parmi tous les adultes présents. On va croire que je suis avec l’un d’entre eux. Je dois donc prendre mon courage à deux mains.
- S’il-vous-plaît, dis-je à l’un d’entre eux qui ne m’entend visiblement pas.
- S’il-vous-plaît, redis-je plus fort.
- Oui, que veux-tu ? me demande le serveur.
- Je voudrais le… paquet de… qui est là .
- Ah oui, on me l’a rapporté il n’y a pas longtemps. C’est à toi ce paquet de couches ?
Le monsieur dont s’occupait le serveur, me regarde et certainement d’autres derrière moi.
- Oui… c’est… pour mon petit frère.
Ce mensonge va, je l’espère, laisser penser aux autres que ce ne sont pas mes couches mais celle de mon petit frère imaginaire.
- Prends le paquet alors, me répond le serveur en reprenant sa commande avec le monsieur.
Je m’avance alors vers le paquet et j’essaye de l’attraper. Je me mets alors sur la pointe des pieds car il est un peu trop haut pour moi. Mes 1,40 mètres ne me permettent que de toucher le paquet, pas de m’en saisir.
- Regarde maman, dit une voix derrière moi, le garçon devant il porte une couche.
Cette phrase est terrible à entendre et je prends sur moi pour ne pas partir en courant. Si seulement j’étais le seul à l’entendre, mais non, un rapide coup d'œil derrière moi me le confirme. Plusieurs personnes l’ont entendues et ont les yeux tournés vers moi. Je comprends que j’ai fait une grosse erreur en levant les bras. Mon sweat ne cachait plus le haut de mon jogging et comme ma couche dépasse de mon boxer, les gens ont pu l’apercevoir.
C’est rouge de honte et presque prêt à pleurer que je baisse les yeux.
- Je vais t’aider, dit alors la maman de la jeune fille qui a prononcé cette phrase.
Je la vois alors s’avancer et se saisir du paquet qu’elle me tend ensuite.
- Merci, dis-je avant de m'enfuir en courant.
Personne n’a dû croire que ces couches étaient pour mon petit frère puisqu'ils ont vu que j’en portais une sur moi. Et dire que j’en porte alors que je n’en ai pas besoin, que c’est pour de faux, pour un stupide rendez-vous.
Je retrouve rapidement papa et je me mets à pleurer devant lui. Il me demande ce qu’il se passe et s'accroupit pour être à ma hauteur et me parler. Je dois certainement faire encore moins que ce gamin de 7 ans que j’ai vu dans la glace tout à l’heure, avec sa couche. J’essaye alors de me calmer et je réponds à papa qui me demande ce qu’il s’est passé :
- C’est de ta faute, dis-je en colère et en criant. Tout le monde a vu que je portais une couche.
- Déjà , je t’invite à ne pas crier parce que maintenant toutes les personnes autour de nous le savent aussi. Et ensuite, je te rappelle que c’est ton choix d’aller dans ce centre aéré et pas chez tes grands-parents.
- Au centre aéré oui, mais pas de porter une couche.
- L’un n’allait pas sans l’autre, me répond papa calmement. Allez, ressaisis toi, il est temps de partir maintenant.
Peu après, nous montons dans la voiture et, en attachant ma ceinture de sécurité, je m’aperçois que ma couche dépasse une nouvelle fois et est visible.
Il va vraiment falloir que je fasse quelque chose pour ne pas que cela arrive tout le temps. Je pourrais peut-être trouver un t-shirt un peu plus grand, pour qu’il reste coincé dans mon jogging.
En tout cas, je hais cette couche, elle m’a déjà joué plusieurs fois des mauvais tours : au supermarché, quand on a acheté les joggings et aussi à Burger King. Heureusement qu’il y a cette console de jeux en ligne de mire sinon je crois que j’aurais abandonné ce choix et que je serais allé chez mes grands-parents.
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