🎢 Mathilda à Europa-Park

Partie 2 : Le voyage

⚠️ Ceci est une œuvre de fiction

⚠️ Reproductions et distributions interdites

 

Une fois arrivées à l'aéroport, après une heure de route environ, maman et moi nous dirigeons vers les toilettes. Je sens que je suis déjà un peu angoissée mais ça va quand même. J'espère que cela restera ainsi. On a convenu avec maman que pour le trajet je me protégerai.

- Tu as besoin d'aide pour mettre la serviette hygiénique ? me demande maman.

- Je devrais pouvoir m'en sortir toute seule je pense, réponds-je.

Je m'engouffre dans une cabine avec une serviette que maman m'a tendue tandis qu'elle se dirige dans une autre. Rapidement je fais pipi et je m'essuie.

Alors que je vais pour ouvrir la serviette et l'installer, j'entends une dame parler derrière la porte, croyant certainement, du moins je l'espère, être seule.

- Ne bouge pas, je fais pipi et je te change ta couche.

- Oui maman, entends-je répondre doucement.

La voix ne semble pas provenir d'un tout petit enfant et je suis curieuse de savoir qui peut bien porter une couche. En tout cas c'était celle d'un garçon, mais quel âge peut-il bien avoir.

Cela me fait penser que si j'avais écouté maman, j'aurais pu être moi aussi dans une couche, ou plutôt une DryNites.

Il faut dire que si les manèges me stressent, ce n'est pas la seule chose, les avions aussi. Je ne sais pas trop pourquoi d’ailleurs. J'ai une appréhension qu'ils s’écrasent quand ils volent, pourtant je sais bien que les statistiques annoncent qu'ils sont le moyen de transport le plus sûr du monde.

Pour en revenir au stress, il m’a causé de nombreux accidents dans ma courte expérience. Si certains sont passés inaperçus, ça n'a pas toujours été le cas. Et dans ces situations-là, cela ajoute encore plus de stress à la situation, ça n’a donc pas toujours été beau à voir.

Je me dépêche donc de faire ce que j'ai à faire, à savoir installer la serviette dans ma culotte. Maman m'a expliqué et montré, et cela va vite. Quelques secondes plus tard, j'ouvre la porte de la cabine des toilettes et je vois un petit garçon qui me regarde. Je dirais qu'il a environ 6 ans, peut-être bien le même âge que j'avais lorsque j'ai porté une pull-ups chez Nora.

Il me regarde donc et je le regarde aussi. Si moi je suis habillée d'un jean et d'un sweat qui rend complètement indétectable ce que je porte dans mon sous-vêtement, il n'en est pas de même pour lui. Son jogging gris moule ce qu'il porte en dessous : une couche. Quelque soit la nature de celle-ci, aucun doute qu'elle a servie, et bien comme il faut au vu de la bosse.

Je suis gênée pour lui ! Et pourtant, lui, ne le semble pas du tout. Il faut peut-être remettre les choses dans leur contexte. Peut-être bien qu'à cet âge on ne pense pas à ces choses là, que les regards des autres sur soi n'est pas le même qu'à 10 ans. On dit souvent que les filles sont plus mâtures que les garçons, et je pense que c'est vrai. Loin de moi l'idée d'être plus intelligente que la moyenne, mais je sens bien que je ne pense pas et ne réagis pas comme les autres enfants de mon âge.

Maman sort à son tour des toilettes. Nous nous lavons toutes les deux les mains et la maman du petit garçon sort à son tour d'une cabine WC.

Sans prévenir, elle lui baisse son jogging et, en regardant par le reflet du miroir, je peux constater qu'il porte une pull-ups, comme celle que j'avais porté une nuit. Sans mot dire, sa maman lui déchire les côtés, lui enlève avant de la rouler et de la jeter dans une poubelle.

Le petit garçon est en train de remonter son jogging quand sa maman lui parle :

- Ne remonte pas ton jogging, lui dit-elle. Je prends une couche propre dans le sac et je te la mets.

- Tu viens Mathilda ? me demande maman.

- J'arrive.

Je m'aperçois que je suis resté de longues secondes à regarder ce petit garçon, je ne sais pas trop pourquoi. Enfin si, certainement parce qu'il me rappelle moi à son âge, et peut-être aussi parce que moi aussi j'ai des accidents de pipi.

À peine est-on sortis des toilettes que maman me questionne :

- J'ai vu que tu regardais beaucoup le petit garçon, est-ce parce qu'il portait une couche ?

- Heu... Oui je crois, dis-je honnêtement.

- Je vais te redire que si tu veux essayer d'en porter toi aussi, je ne suis pas contre, et c'est à toi de décider.

- On a déjà eu cette conversation maman ! Je suis trop grande pour mettre des DryNites.

- Pourquoi penses-tu que les fabricants créent ces couches pour des enfants de ton âge et même plus grands ? Parce que certains en ont besoin. Certains la nuit, d'autres le jour.

J'imagine qu'au fond de moi je sais qu'il y a une part de vérité dans ce que dit maman, que cela pourrait être une solution, mais... difficile pour moi de l'accepter. Moi qui me trouve grande, mâture, intelligente, comment accepter de porter une couche, de plus la journée, devant des personnes que je connais et même aussi des inconnus.

- Et tu sais, continue maman, si je te propose ça, ce n'est que pour que tu te sentes mieux, peut-être même que cela pourrait t'aider à te déstresser et t'aider à grandir pour que ce problème s'arrête. Tu pourrais en mettre dans certaines occasions, pas tous les jours bien sûr. Je pense à des journées comme à l'école, quand tu sais que tu vas avoir un contrôle, ou alors lors de rendez-vous chez le dentiste. Bref, tous ces moments où tu sais que tu vas stresser et que tu sais que tu as déjà eu des accidents.

- Je ne veux pas maman ! Dis-je comme toute réponse et espérant couper court à la conversation.

- Très bien, sache que tu as le droit de changer d'avis. Sache aussi que j'en ai parlé cette semaine à une amie d'une amie qui est psychologue et qu'elle est du même avis que moi. Elle m'a confirmé ce que je pensais et ce que je viens de te dire. Bref, allons à l'embarquement, notre avion ne nous attendra pas.

Je marche aux côtés de maman et je réfléchis à tout ce qu'elle vient de me dire. Il y aurait des avantages à en porter, c'est indéniable, mais aussi des inconvénients et surtout une grande honte pour moi.

À chaque pas je sens la serviette que j'ai mise aux toilettes. Aussi discrète soit-elle, elle se rappelle à moi et je n'ose imaginer ce que cela serait avec une DryNites.

Nous passons devant des grandes baies vitrées et, à travers, je peux voir des avions qui roulent sur la piste et d'autres qui décollent ou atterrissent. Le stress monte un peu plus, et je suis bien contente d'être protégée. Je n'ai pour l'instant pas envie de faire pipi, mais je sais que parfois mes accidents surviennent sans même que je n'ai eu envie de faire pipi avant.

Nous arrivons au guichet, il n'y a personne et maman s'occupe des formalités de check-in et notamment des bagages. Je vois nos valises s'éloigner sur un tapis roulant en direction de la soute et nous ne gardons chacune qu'un petit sac à dos que nous allons emmener avec nous.

- Ça va ? me demande maman. Tu sembles inquiète.

- Ça va oui, juste un peu stressée je pense.

Maman me passe la main dans les cheveux et me fait un bisou. Je n'aime pas trop quand elle fait ça, mais je ne dis rien. Les minutes suivantes se passent dans la salle d'embarquement et je regarde autour de moi ce qu'il se passe pour passer le temps. Je peux y voir différents groupes : des amis qui semblent partir ensemble, des familles comme la mienne, mais aussi d'autres avec un papa et une maman.

C'est alors que je revois le petit garçon des toilettes, accompagné de sa maman et ce qui semble être son papa. Il y a aussi une jeune fille qui les accompagne ; je dirais d'ailleurs qu'elle doit avoir le même âge que moi et est sans doute sa sœur. Je les regarde plus particulièrement tous les deux, et elle s'occupe bien de lui. Mon regard se porte sur le garçon et je devine vraiment la présence d'une couche sous son jogging.

D'ailleurs je ne tarde pas à en avoir la confirmation car, alors qu'il est en train de courir non loin de moi, il trébuche et tombe en avant. Son t-shirt se soulève alors, laissant apercevoir le haut de sa DryNites.

- Ça va Joris ? lui demande sa soeur alors qu'elle s'approche de lui et l'aide à se relever

- Emma, dit-il alors, je crois que j'ai fait pipi.

- Ce n'est pas grave, c'est pour ça que tu portes une couche.

Le regard d'Emma croise alors le mien, et elle me sourit. Elle a bien dû voir que je les regardais. Je suis un peu gênée de la situation mais je lui souris également.

Emma semble prendre son rôle de grande sœur très au sérieux et s'occupe de lui comme si elle était sa maman. Tout à coup, elle lui baisse son jogging et tâte de sa main sa couche.

- Oui effectivement, c'est un peu mouillé mais ça va.

Elle lui remonte maintenant son jogging et s'en retourne près des parents tout en tenant la main de Joris. J'observe Emma et elle semble gentille. Elle est habillée d'un haut rose, d'un collant blanc et d'une jupe courte. C'est une tenue que je pourrais porter et que je trouve très jolie.

- Va lui parler si tu veux Mathilda, me dit maman. J'ai l'impression qu'ils vont prendre le même avion que nous, je les ai vu regarder l'écran qui annonce le même décollage que pour nous. Ça te fera une copine.

- Peut-être tout à l'heure, lui dis-je.

Encore une fois, je suis gênée de la situation mais je ne sais pas trop pourquoi. Est-ce parce que Joris porte une couche ? Ou parce que maman aussi a vu qu'il en portait une ?

- Oh regarde, c'est l'heure d'embarquer ! me dit maman tout en regardant et en me montrant du doigt l'écran.

Je vois alors que les parents de Joris et d'Emma leur demandent de s'approcher d'eux, avant de se diriger ensuite vers le comptoir. C'est un nouveau coup de stress pour moi car je sais que c'est un signal qui m'indique que le moment de décoller s'approche !

Emma et sa famille sont juste devant nous dans la passerelle d'embarquement et s’installent ensuite derrière nous dans l'avion.

D'ailleurs, en me retournant une fois assise, je vois Emma et elle me sourit. Moi je suis inquiète, je me ronge les ongles et ce signe ne trompe pas. J'espère vraiment que je ne vais pas avoir d'accident ou que du moins que la protection de fortune que maman m'a donnée suffira à le contenir.

- Ça va aller Mathilda, me dit maman, rassure toi. En plus le temps est au beau fixe, aucun nuage dans le ciel.

Il ne sert à rien de me dire ça, ça ne m'aide pas, mais bon, je ne vais pas lui dire.

Houla, ça y est, je sens que l'avion commence à rouler sur la piste. Je vérifie pour la 5ème fois que ma ceinture est bien bouclée. Mais pourquoi maman a-t-elle voulu prendre l'avion, j'ai horreur de ça et elle le sait. Je lui en veux mais quoi qu'il en soit, c'est de toute façon trop tard.

L'avion prend de la vitesse. Un regard rapide par la fenêtre me confirme ma sensation, on avance. Mes yeux se remettent dans l'axe et je m'aperçois que mes deux mains sont agrippées à l'accoudoir.

On roule de plus en plus vite. Ma vessie se fait sentir, pourvue qu'elle tienne bon. J'essaye de me raisonner et de penser à quelque chose d'agréable. J'ai lu que ça pouvait aider mais visiblement ça ne fonctionne pas sur moi car je sens même des larmes me monter aux yeux.

La voix de l'hôtesse de l'air dit quelque chose dans le haut-parleur mais je n'entends pas où je ne comprends pas ce qu'elle dit mais ça revient au même.

Pourvu que le vol de passe rapidement et dans problème. Je pressens tout de même qu'il va être long...

Non, pas ça, l'avion commence à lever le nez, la roue avant ne touche plus le sol, puis ce sont les roues arrière. Maman me pose la main sur le bras mais tout ce que je ressens moi c'est une drôle de sensation. J'ai l'impression que mon cœur, après avoir battu la chamade, se bloque et tombe dans ma poitrine.

Cela dure de longues secondes, une éternité serait même plus adaptée comme description. Cela commence enfin à aller un peu mieux. Je vois tout noir, je ne comprends pas pourquoi, c'est comme si j'avais perdu la vue.

- Tu peux ouvrir les yeux Mathilda.

C'est la voix de maman, je la reconnais. Donc d'après ce qu'elle dit, si je ne vois rien, c'est juste parce que j'ai fermé les yeux ?

- Le plus difficile est passé, continue-t-elle.

Allez, je me décide à ouvrir les yeux et effectivement je vois à nouveau. Maman me regarde et me sourit.

- As-tu eu un... accident ?

Je n'y pensais même plus et je n'en sais rien pour tout dire. Je baisse la tête et observe mon entrejambe. Je ne vois rien de spécial, en tout cas mon jean n'est pas mouillé, c'est déjà ça.

- Je ne sais pas, dis-je.

- Tu iras aux toilettes dès que l'on pourra détacher notre ceinture. Ne prenons pas de risques.

Et c'est avec une certaine crainte que je détache ma ceinture peu de temps après, une fois que le voyant d'obligation de porter les ceintures s'éteint.

Maman me tend une serviette propre que je tente de dissimuler dans mes mains avant de me rendre aux toilettes. L'avion bouge légèrement et je dois prendre sur moi pour ne pas me mettre en boule et m'asseoir là en plein milieu de l'allée.

Arrivée devant la porte des toilettes, je me retourne et je vois Emma me regarder depuis son siège. Je m'empresse de rentrer et de fermer la porte. L'endroit est exigu et ce n'est pas aussi facile qu'à la maison de baisser son pantalon.

Le verdict est sans appel. Après avoir baissé ma culotte, je ne peux que constater que ma serviette est mouillée, bien mouillée même. Je l'enlève rapidement et installe la propre à la place. Je jette l'usagée dans la poubelle, me rhabille, me lave les mains et regagne ma place.

Maman me questionne et je lui réponds rapidement. Je n'ai pas trop envie d’en parler.

Le trajet se passe finalement assez vite, plus que ce que je n'aurais pu imaginer. Cela ne m'empêche cependant pas de penser au fait que j'ai encore eu un accident.

L'atterrissage se passe lui aussi mieux que le décollage et heureusement.

Il est enfin temps de sortir de l'avion et cela me fait comme une bouffée d'air pure qui s'offre à moi quand je mets un pied en dehors de l'avion, alors même que nous sommes dans un tunnel pour rentrer dans le terminal de l'aéroport.

Joris, Emma et leurs parents sont juste devant nous. Je peux constater que la couche de Joris a de nouveau pris du volume, son jogging gris moule celle-ci sur son postérieur.

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